Le 170e REGIMENT D'INFANTERIE

  GARDIEN DU DRAPEAU DU 7e R.T.A.

 

Drapeau du 7e RTA

         Depuis bientôt deux siècles, l'Infanterie française a connu de nombreux avatars. Elle a, en effet, subi deux amalgames, ainsi que de multiples augmentations et diminutions de ses effectifs.

Comme tout individu le régiment d'infanterie a toujours besoin de se rattacher à une ascendance sinon prestigieuse, du moins glorieuse. C'est pourquoi a été retenu le principe de la filiation par le sang ou par le nom.

         Ainsi le 170e régiment d'infanterie est-il le petit fils de la 170e demi-brigade de bataille de 1794 à 1796, le petit-fils légitime du 170e régiment d'infanterie de 1913 à 1940 et le fils adoptif du 7e régiment de tirailleurs algériens, depuis 1964 et le père du 1e régiment de tirailleurs depuis 1994.

 

        Le 170e régiment d'infanterie est le petit-fils de la 170e demi-brigade à laquelle il se rattache par le numéro.

Cette demi-brigade, à l'existence brève mais glorieuse, fut crée en juillet 1794 en application de la loi prescrivant le premier amalgame. Formée par le regroupement d'un bataillon du 93e de ligne, ci-devant régiment d'Enghien, et de deux bataillons de volontaires, elle reçut son drapeau le 25 octobre 1794 avant de participer activement au siège de Mannheim jusqu'à la reddition de cette place le 25 décembre.

Durant les six premiers mois de 1795, elle assura la garde du fort du Rhin, avant d'être divisée et affectée aux armées des Alpes et d'Italie.

         Si la vie des 1er et 3 bataillons, pendant leur appartenance à la première fut une succession de petites escarmouches, celle du 2e bataillon, renforçant la seconde, permit à l'ensemble de la demi-brigade d'acquérir un nouveau titre de gloire en défaisant, au cours de la bataille de Loano (23 novembre 1795), un ennemi très supérieur en nombre et en équipement.

         Malheureusement arriva l'heure du second amalgame et la 170e demi-brigade disparut, ses bataillons étant rattachés aux 12e, 26e et 69e demi-brigades de ligne.

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         En 1913, l'état des relations entre la France et l'Allemagne laissant entrevoir la proximité d'un conflit, le nombre des régiments fut augmenté. Bénéficiant de cette décision, le 170e régiment d'infanterie fut formé le 15 avril par réunion de bataillons venant des 21e, 44e, 60e et 149e R.I. Sa garnison était Épinal, mais il reçut son drapeau à Paris le 14 juillet 1913.

         La guerre ayant éclaté, le 170e R.I. quittait ses quartiers le 9 septembre 1914 pour quatre années au cours desquelles il allait acquérir ses premiers titres de gloire personnels sur la plupart des secteurs du front franco-allemand.

         Le baptême du feu du "Cent septante" eut lieu le 24 septembre dans la région de Baccarat et lui coûta 30 morts. L'année 1914 s'acheva sans faits notoires, tandis que le régiment passait par Charmes et Bar-le-Duc avant de rejoindre la région de Vic-sur-Aisne le 12 décembre.

         Les premiers mois de 1915 virent le régiment des Vosges continuer ses tribulations, qui le menèrent du nord-ouest de Soissons au sud de Reims, puis à l'est de Suippes où il fut pour la première fois confronté réellement aux horreurs et aux violences des tranchées. Le courage des soldats permit au Cent-Septante de vaincre là un ennemi d'élite représenté par un régiment de la Garde impériale. Mai 1914 lui valut le surnom "d'Hirondelles de la mort' ; en effet, pour les allemands qui occupaient les Eparges, l'arrivée du 170e avait précédé celle de leur mort, tout comme celle des hirondelles est le présage du printemps. Pendant l'été il opéra dans les régions d'Arras et de Soissons, avant de se voir acheminé sur le front de Champagne où il tint un secteur dans ce qui est devenu le camp de Suippes; entre le 1er octobre et le 23 novembre.

         En février 1916, le 170e R.I. rejoignait le secteur de Verdun et, plus précisément, Vaux-Devant-Damloup qu'il défendit, avant de mener une attaque qui aboutit à la reconquête du village de Douaumont. Début mai, une autre attaque lui permit de s'emparer du bois de la Caillette et de le conserver en dépit des contre-attaques. Ceci lui valut sa première citation. Après deux mois de repos à proximité de Reims, les "Hirondelles de la mort" débarquèrent dans la Somme, où la vivacité de leurs actions leur valut une seconde citation.

         En raison des pertes importantes subies au cours des six mois précédents, le régiment fut réorganisé entre octobre 1916 et janvier 1917 dans la région de Pont-à-Mousson. Le printemps, puis l'été 1917 trouvèrent le Cent-Septante au nord-ouest de Reims, puis l'automne s'installa, alors qu'il venait de mener quelques actions victorieuses dans la région de Laon.

         Au mois de novembre, le régiment fut transféré dans les Vosges, dans les secteurs du Linge et du Bonhomme entre autres. Il y resta jusqu'au début de mai 1918, avant de rejoindre le front de Champagne, en premier lieu dans la région de Villers-Chatillon, puis dans le même secteur qu'à l'automne 1915. C'est là que son chef-de-corps, le lieutenant-colonel Charlet trouva une mort glorieuse à la tête de ses compagnies.

         Le 11 novembre le sang de 2097 officiers, sous-officiers et hommes de troupe prouvait la valeur du Cent-Septante.

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         De 1919 à 1930, le 170e régiment d'infanterie fit partie des troupes d'occupation en Allemagne dans la région d'Offenbourg. Par la suite, il revint dans les Vosges où il fut cantonné à Remiremont et Gérardmer, puis Épinal.

         1939. Devançant la déclaration de guerre, le 170e R.I. a rejoint le secteur de Sarreguemines dès le 23 août. C'est là qu'il réalise la seule grande offensive de la campagne 1939-1940, au début du mois de septembre. Par la suite, il dut se contenter de participer à la défense de divers secteurs de Lorraine avant d'être relevé et acheminé vers Compiègne où il commença, au sein de la 11e division d'infanterie, un combat de freinage efficace, mais meurtrier qui devait le conduire jusqu'à Limoges.

         Là le Cent-Septante fut dissous le 6 août 1940 après qu'un millier des siens eût versé son sang pour tenter de sauver la patrie.

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             Le 1er juillet 1964, le 170e régiment d'infanterie est recréé par simple substitution de numéro avec le 7e R.T.A. dissout et dont il conserve les trophées. Il devient alors le 170e régiment d'infanterie motorisée et tient garnison à Golbey (quartier Haxo) et à Rambervillers.

         En août 1968, il se scinde en deux, pour donner naissance au 30e groupe de chasseurs qui s'installe à Lunéville. Dans le même temps le "Cent-Septante" reprend son ancienne dénomination de 170e R.I. et se groupe en totalité au quartier Haxo.

         Régiment des forces de manœuvre, il appartient à la 8ème brigade mécanisée de Lunéville qui dépend de la 7e division dont lr quartier général se trouve à Mulhouse.

         Enfin, le 1er avril 1976, il est devenu un régiment d'infanterie mécanisée équipé de chars et de VTT/AMX 30.

Dans le cadre de la nouvelle réorganisation, il entre, le 1er août 1977 au sein de la 7e division blindée/65e division militaire territoriale dont le P.C. est à Nancy.

         En mai 1979, il reçoit ses premiers AMX 10, en 1985 arrivent les chars AMX 30. A la suite d'une récente restructuration, le 170e régiment d'infanterie comprend maintenant 3 compagnies mécanisées, 1 compagnie de chars et une compagnie de commandement et de services.

         Le drapeau du régiment est décoré de la Croix de guerre 1914-1918 avec 4 palmes et porte donc donc la fourragère aux couleurs de la médaille militaire. Aujourd'hui, le "Cent-Septante" n'oublie pas son double héritage : son insigne rappelle toujours les 'Hirondelles de la mort" et, lorsque le régiment rend les honneurs au chef de corps, la sonnerie "Au Caïd' précède le refrain du "Cent-Septante'.

  Capitaine Bellotte

officier-tradition du 170e régiment d'infanterie.

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Le premier mai 1994 le 170e est remplacé par le 1er régiment de tirailleurs, le drapeau du 170e rejoint donc les collections du service historique de l'armée de terre à Vincennes. Par contre celui du 7e R.T.A. se trouve dans la salle d'honneur du 1er tirailleur à Epinal.