05-04

            Front de la 7e compagnie. Par ordre du chef de bataillon, quelques hommes de liaison avec un sous-officier à bicyclette ont été détachés le 7 au soir au point de passage de Port.

            Le 8 juin, à partir de sept heures, bombardement sur le Port et Gorgny. La section David sur l'Aisne, arrête net une tentative de franchissement en barques. Mais l'ennemi repousse fortement à l'est les éléments de la 8 D.I. qui se replient. Le point d'appui des sections de la route nationale est bientôt au contact de l'ennemi face à l'est. La section Simon, qui faisait face au nord et à l'ouest dans ce point d'appui, est portée sur un nouvel emplacement, face à l'est.

            A 9 heures l'ennemi progresse dans la zone de le 8 D.I., franchit la voie ferrée et la route nationale. A 10 heures, il occupe Gorgny, il est pris à partie par les tirs des mortiers de 60mm. Entre 12 heures et 15 heures la situation s'aggrave par suite de la progression de l'ennemi dans la zone de la 6e compagnie. A 13heures le capitaine Martin donne l'ordre de repli à la section David, restée sur les bords de l'Aisne. En reportant son P.C. au château de Mainville, il constate que Ressons est occupé par l'ennemi et que la section Claudon de sa compagnie, qui s'y trouvait à disparu. Il donne l'ordre de repli aux sections occupant le P.A. de la route nationale.

                 Se repliant alors vers 14 heures sur le ferme de Ressons où ils retrouvent les éléments du G.R.D./87, quelques hommes de la section David et de la section Simon, la section Dutour de la 7e compagnie et de la section Gayaud de la 6e compagnie. Le capitaine Martin, venu en liaison à la côte 140, vient à la ferme de Ressons où il ne trouve plus personne. Il se replie alors avec les sections David ainsi que les éléments de la section de commandement de sa compagnie sur Montigny-Lengrain, et rejoint le bataillon dans le ravin de Tannières vers 20 heures.

          Le lieutenant Cholet, avec les sections Dufour et Gayaud, se replie sur le ravin de Saint-Baudry, sur la ferme de Pouy, où les sections Dufour et  et Gayaud résisteront toute la journée du 9 juin, avec les éléments du 9e Zouaves. Ils rejoindront le bataillon à Chelles, le 10 au matin.

           Le P.C. du bataillon installé aux abords de la cote 140, était au courant de la situation de la 6e compagnie et de la 7e compagnie dont il recevait les agents de transmission. Il ne reçut rien de la 5e compagnie avant 14 heures. L’ennemi qui s’était infiltré entre la 5e et la 6e compagnie, arriva vers 10 heures à Montois et au château.

          Un point d’appui fut organisé autour du P.C. de bataillon. Avec la section Laurent de la 6e compagnie, le groupe de mitrailleuses de la section Legrand, les sections de commandement de la CA2 et du bataillon. Ce point d’appui arrêta à 11 heures la progression d’éléments ennemis vers 140. A partir de 11 heures, des infiltrations ennemies furent signalées entre 140 et la ferme de Ressons. Le château de Montois est occupé par les effectifs d’une compagnie. Des abattis ont été exécutés sur la grande route allant à 140 pour la barrer.

          Vers treize heures, le chef de bataillon recevait l’ordre du régiment de se replier sur le ravin de Cortieux. Cet ordre ne fut exécuté qu’à 14h45. Le chef de bataillon se replia sur Tannières avec la section de commandement et tout son matériel. Le capitaine Eveno fut laissé au réduit de 140 avec une section de F.V. et le groupe de mitrailleuses pour continuer à barrer l’axe de 140 en maintenant la liaison si possible avec les éléments du G.R.D. 87 et les éléments du bataillon occupant Ressons, de manière à couvrir leur axe de repli.
          Ordre était donné au capitaine Eveno de résister, mais de se replier avant encerclement. C’est ce qu’il fit sous la pression de l’ennemi vers 17 heures.
          A ce moment-là, d’ailleurs, la ferme de Ressons était occupée par l’ennemi et les éléments qui s’y trouvaient s’étaient repliés vers le sud. Un tir de 105 ami fut exécuté par l’artillerie à 14h45 sur le château de Montois, qui avait été signalé occupé par l’ennemi. L’ennemi réagit par de violents tirs sur la région de 140 réglés par survol de l’aviation, qui devait d’ailleurs suivre des éléments allemands sur le plateau.
          Le bataillon se regroupe dans le ravin de Tannières, où il prit la liaison à gauche avec la compagnie Bontemps, à droite avec les éléments du 18e tirailleurs à Montigny. Il se replia ensuite sur ordre pour gagner sa nouvelle position de la crête nord-est de Haute-Fontaine et ouest du ravin de Saillis.