On les aura

         La veille, nos sentinelles du secteur Bonhomme avaient arrêté un déserteur bavarois qui nous donna de précieux renseignements.

         Le 23 avril, le 1er bataillon est relevé et devra rejoindre le reste du régiment dans le sous-secteur du Bonhomme. Il cantonne le soir à Luschbach et Reischberg et relève, le 25, le 80e régiment d’infanterie territoriale. Le 2e bataillon du 170e relève le 3e bataillon du 170e le 28 avril. Ce dernier se rend en réserve à Plainfaing.

         Le 4 mai, un ordre particulier de la VIIe armée fait prévoir la relève de la 167e D.I. par la 70e D.I. Le 6 mai, le 1er bataillon du 170e est relevé par le 6e bataillon du 226e R.I. et va cantonner à Plainfaing.

         Le 3e bataillon du 170e quitte ce jour-là ce dernier cantonnement pour se porter à Gerbépal. Le 10 mai, E.-M., C.H.R. et 4e bataillon du 226e relèvent l’E.-M., la C.H.R. et le 2e bataillon du 170e. Ces derniers se portent à Plainfaing et va occuper les cantonnements du 3e bataillon qui s’est transporté à Jussarupt (9e compagnie) et à Chandray (E.-M., 10e et 11e compagnies).

         Le 11 mai, l’E.-M., C.H.R. et 5e compagnie se portent dans leurs cantonnements définitifs à Jussarupt. L’E.-M. du 2e bataillon, les 6e et 7e compagnies vont occuper Herpelmont. Le régiment passera sa période de repos dans ces derniers cantonnements.

         Le 17 mai, L’E.-M. du régiment, le drapeau, les sapeurs, et le 2e bataillon participent à la revue passée par le général commandant le 21e C.A. sur le terrain de manœuvres de Bruyères. Le régiment stationne encore quelques jours dans cette agréable région. Les évènements de Champagne et de l’Aisne l’obligent à partir dès le 30 Mai.

Déplacement du 30 mai 1918.

         Il s’embarque de gare de Bruyères, l’E.-M. et le 3e bataillon partent par le premier train à 20h03. Le 1er bataillon à 0h03 et le 2e à 4h03. Tandis que la C.H.R., le T.R. et T.C. ne quittent Bruyères qu’à 8h03. L’embarquement s’est effectué sans incident. Des mitrailleuses ont été mises en batterie sur les wagons découverts du train en prévision des attaques aériennes ennemies. Depuis leurs dernières offensives les Allemands viennent en effet mitrailler et bombarder les convois. Le premier train s’arrête le lendemain à Epernay à 15 heures. Les trains suivants ne peuvent entrer dans Epernay et s’arrêtent à Olry.

 

CHAMPAGNE (juin 1918)

         Le colonel Charlet est parti de Bruyères avec le premier train (3e bataillon). A l’arrivée, manque de renseignements sur la marche de l’ennemi. Le colonel envoie en reconnaissance deux groupes de trois cyclistes : l’un par la route de Dormans, au sud de la Marne, vers Port-à-Binson ; l’autre au nord de la rivière par Damery et Venteuil jusque vers Châtillon-sur-Marne, avec mission de recueillir des renseignements sur l’avance de l’ennemi et de savoir quels sont les éléments engagés dans la région.

         Les 3e et 1er bataillons, débarqués à Epernay le 31, sont transportés en autos à Cerseuil et Leuvrigny. La ligne et la gare d’Epernay ayant été bombardées par avions, les trains du 2e bataillon et de la C.H.R. et T.R. sont obligés de débarquer à Olry le 1er juin et font une marche longue et fatigante pour rejoindre le colonel à Festigny. Le 409e et le 174e sont à notre gauche et occupent la rive sud de la Marne, de Troissy à Dormans.

         Des renseignements recueillis par les deux patrouilles de cyclistes, il résulte que l’avance ennemie s’est étendue jusqu’à la Marne, que ses éléments bordent de Dormans à Verneuil ; que l’ennemi a franchi leshauteurs de Ville-en-Tardenois sans arrêter sa progression. Nous avons devant nous les restes de plusieurs régiments qui se replient depuis la vallée de L’Aisne, défendant le terrain pied à pied et ont subi de lourdes pertes. Partou, mélangés à nos troupes, de petits groupes d’Anglais sont encore en ligne. Nous en avons vu aussi, sans armes ni équipement, qui ont franchi la Marne et errent à l’aventure.

         Le front ennemi devant nous paraît suivre depuis Verneuil une direction sud-ouest  - nord-ouest par la Malmaison, nord du bois de Trotte, Olizy et Violaine, et semble vouloir se fixer momentanément. Des avant-postes sont établis en bordure de la Marne pendant la nuit du 31 mai au 1er juin.

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