On les aura

Période de repos et déplacements

(juillet-août 1918)

         Le 26 juillet, après relève par les Américains, le régiment se porte à Belleau (E.M. et C.H.R.), Torcy (2e et 3e bataillon), Givry (1er bataillon).

         Le 27 le régiment va cantonner à Cocherel (E.M., C.H.R. et 3e bataillon), Rademont (1er bataillon) et Crépoil (2e bataillon). L'espoir d'un repos bien gagné est vite déçu, car le 1er août, les équipages et les éléments montés du régiment font mouvement par voie de terre pour aller bivouaquer : le 1er août à Bassevelle, le 2 à Tréfois, le 3 à Saint-Loup, le 4 à Normée, le 5 à Sarry, le 6 à la Fresse.

         Le 2 août, le régiment embarque en camions à 6h30 et arrive dans la soirée à Dommartin-sur-Yèvre (E.M., C.H.R. et 3e bataillon), Dampierre-le-Château (1er bataillon) et Epense (2e bataillon), où il reste cantonné jusqu'au 9 août.

         Le 10, le 2e bataillon quitte le cantonnement d'Epense et va au camp d'Auve. Le 11, le 2e bataillon se porte au camp d'Auve à Somme-Suippes ; le 1er bataillon au camp du Tremblay, le 3e bataillon au camp d'Auve. Dans la nuit du 11 au 12, le 2e bataillon du 170e relève le bataillon de soutien du 21e R.I., dans le sous-secteur Cameroun.

         Le 12, le 1er bataillon va cantonner à Somme-Suippes et relève dans la nuit du 12 au 13 le bataillon de première ligne du 21e R.I. L'E.M. et la C.H.R. se portent de la Croix-en-Champagne à Somme-Suippes et relèvent dans la soirée l'E.M. et les éléments de la C.H.R. du 21e R.I.

LE SOUS-SECTEUR CAMEROUN – CHAMPAGNE 1918

Période du 13 août au 8 octobre.

         Le 13 août, le lieutenant-colonel Charlet, commandant le 170e R.I. prend le commandement du sous-secteur Cameroun à 7 heures (P.C. Alma, camp 3/5) ; le 3e bataillon va cantonner au camp Nantivet. Le sous-secteur Cameroun, repris par le 170e R.I. a por limites générales deux lignes nord-sud passant par le Trou Bricot et par la corne est du bois Sabot.

         Les positions de première ligne, bois de Spandau, bois Sabot, sont presque entièrement dénudées ; elles ont été réorganisées récemment au milieu d'un enchevêtrement d'anciennes tranchées abandonnées et bouleversées. Puis aussitôt commence une zone boisée qui occupe jusqu'au delà de la route de Perthes-Suippes la majeur partie du secteur (bois des Marmittes, de la cote 152, de la cote 170, des Cuisines).

         Du côté adverse, au contraire, au premier plan la zone des bois, dont les plus importants, ceux du Cameroun et du Togoland, nous dissimulent les avants-postes ennemis. En arrière, le reste du terrain perdu le 15 juillet, ligne d'ouvrages fermés, forme la première position, tandis que l'ancienne ligne allemande sert de position d'arrêt. Au delà existent encore une troisième et une quatrième position.  Ces horizons de la cote 193 et de la butte de Souain n'offrent à la vue qu'un chaos de masses crayeuses et une multitude de tranchées et de boyaux bouleversés dont beaucoup sont inutilisés. De grandes étendues de réseaux épais, tissés dans tous les sens et jusqu'à plusieurs kilomètres en arrière, en font une position en apparence inabordable, où l'ennemi est abrité dans des sapes profondes.

         Le jour ou le régiment prend possession du secteur, le front ennemi y correspondant est tenu par la 88e D.I. et le 353e R.I. Deux groupements d'artillerie principaux, l'un dans la région sud-est de Sommepy, nord-est de la Butte de Souain, l'autre sur les contre-pentes entre Sommepy et Sainte-Marie-à-Py, effectuent principalement la nuit des tirs de harcèlement avec une forte proportion d'obus toxiques. Presque chaque nuit des patrouilles sont faites pour reconnaître les emplacements des avant-postes ennemis.

         Du 15 au 20, la 3e compagnie reconnaît les lisières du boqueteau F7, les abords du bois D15, les anciens abris d'artillerie du ravin de la Poule, et explore les boyaux inutilisés devant notre première ligne.

         Le 24, la 9e compagnie reconnaît le boyau de Nîmes et la lisière du bois D41. Le 25 la 10e compagnie reconnaît le bois D15.

         Le 29 août, au cours de la nuit, une patrouille ennemie qui avait attaqué un groupe de combat du sous-secteur à notre gauche, est repoussée et poursuivie par la garnison du réduit attaqué. Nos sentinelles  s'emparent d'un des soldats de la patrouille ennemie (353e R.I., 3e bataillon, 11e compagnie).

        Le 30 août, une patrouille ennemie prise sous le feu du même groupe de combat laisse à proximité du petit poste un blessé (353e R.I.) qui est ramené dans nos lignes.

         Dans la nuit du 3 au 4 septembre, une patrouille commandée par le lieutenant Bouissières (7e compagnie) reconnaît le bois Sans Nom et le bois D15. Le 4, une autre patrouille de la 7e compagnie tend une embuscade au sud du bois F12 et reconnaît la ligne des petits postes entre le bois F8, le nord de la clairière du bois F12 jusqu'au boyau de Meiningen.

         Au cours de la nuit du 8 septembre, la compagnie Charbonnier exécute un coup de main sur le bois D41 pour nettoyer et détruire les organisations ennemies, et si possible ramener des prisonniers. Le capitaine Charbonnier dispose en outres de sa compagnie, d'un détachement du génie (compagnie 13e/62) composée de 1 officier (lieutenant Noirmier), 2 sous-officiers et 20 sapeurs. L'opération est préparée par un tir violent de quelques minutes et protégée par un encagement d'artillerie et de mitrailleuses.

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