7e RTA 4e baton de marche Insigne surmoulé André Mardini

         La nuit est agitée. De nombreuses patrouilles sortent et de temps en temps des lumières sont repérées dans les villages situés au sud. L'aube du 20 avril est magnifique. Dés le lever du soleil le mouvement reprend. La 3e compagnie se dirige vers Trac-Nhiet par l'est de façon à utiliser la digue du canal des Rapides ; La 1ère compagnie aborde le village par l'ouest. La 2e compagnie (lieutenant Moreau), relevée de sa mission de protection du P.C. du G.M. la veille s'installe en bouclage face à Yen-Gia. La 4e compagnie s'aligne sur le groupe mobile Muong (G.M. 3) et s'installe en base de feux du 2/1 R.T.A. et du 2/6 R.T.M., les deux autres bataillons du G.M.N.A. (G.M. 1), tout en restant en réserve du bataillon.
        Le village de Trac-Nhiet, objectif principal de l'opération où se situerait le gros de l'ennemi, est un très gros village au carrefour de deux digues qui dominent de 1 à 2 mètres la rizière. Le P.C. du bataillon rejoint celui de la 4e compagnie à Mo-Dao. Le dispositif est en place.
        A 7 heures la 3e compagnie (lieutenant Chiaramonti) débouche mais elle est vite stoppée. Un feu nourri l'accueille avant qu'elle n'atteigne les lisières du village. Cinq minutes après le débouché elle a trois tués et sept blessés. Aussitôt le lieutenant Lefin pousse sa compagnie vers la corne ouest du village. Le lieutenant Mary commande le peloton de tête. Il s'approche jusqu'à 100 mètres des lisières de Trac-Nhiet, le village de Chuc-O étant sur sa droite. A la corne ouest de Trac-Nhiet, il repère un emplacement d'arme automatique avec deux servants, le terrain est sec. Le peloton progresse dans un champ labouré. Schéma classique au sein du peloton : Les F.M. sont installés prêts à appuyer de leurs tirs, les voltigeurs sont prêts à partir. Ils avancent de quelques mètres… rien ne bouge. Pour essayer de découvrir les positions ennemies, ordre est donné au peloton d'ouvrir le feu et aussitôt de toutes les lisières du village arrive une riposte sérieuse.
       Les tirailleurs sont là et tiennent. Trop avancé, le lieutenant Mary n'arrive pas à voir ce qui se passe… Personne ne peut bouger tellement le tir ennemi est dense et précis. A ce moment, de Chu-O des tirs de flanc sont déclenchés par les viets : les tirailleurs flottent. Certes la 2e compagnie répond vigoureusement mais l'ennemi solidement installé essaye un carton sur le peloton du lieutenant Mary éparpillé dans le labour.
       L'ordonnance du lieutenant Mary voulant venir aider son chef en difficulté, fait un bond… Il reçoit une balle en plein cœur. La radio appelle : "rouge 1 de rouge, répondez" mais dés que le chef de peloton veut parler impossible de s'entendre, les viets brouillent le réseau. Le D.L.O. déclenche un tir sur les deux villages, les tirs ennemis se calment, le peloton se regroupe, les quatre morts sont ramenés, les blessés sont évacués. L'action a permis de délimiter le contour de l'ennemi, de repérer une bonne partie de ses armes.
       L'intervention de l'aviation s'avère nécessaire alors que les obus de mortiers viets s'abattent sur les deux digues, axes de progression des 1ère et 3e compagnies. Devant l'intensité des viets et dans l'impossibilité où se trouvent nos unités de pouvoir pénétrer dans Trac-Nhiet après ce premier assaut, le capitaine Biard donne l'ordre de replier le dispositif de 2 à 300 mètres pour permettre l'intervention aérienne.
       Guidée par l'O.L.A.T. la chasse arrive et arrose de napalm les cornes de Trac-Nhiet et de Chuc-O. Ensuite les 155 du poste de Bac-Ninh et les 105 du groupe de marche du 64e R.A. arrosent les deux villages. Ceci permet au bataillon de prendre son dispositif d'attaque :
- la 2e compagnie (lieutenant Moreau) se met en place pour neutraliser Chuc-O.
- la 4e compagnie (Capitaine Good) neutralisera la corne ouest de Trac-Nhiet.
- la 1ère compagnie (lieutenant Lefin) appuyée par la 3e compagnie (lieutenant Chiaramonti) s'emparera de Trac-Nhiet par la corne est.
Le dispositif est en place pour 14 heures. Une dernière préparation d'artillerie s'abat devant la 1ère compagnie. Mais quelques instants avant le départ, l'ennemi réagit en déclenchant sur notre base de départ un tir de mortier de 81 et de 60. Heureusement il n'y a pas trop de dégâts mais il faut avant de partir, évacuer les nouveaux blessés.
       Le lieutenant Lefin a deux éclats dans la gorge mais il refuse que l'on s'occupe de lui et il réaménage le dispositif de sa compagnie. Il sent l'affairé sérieuse et veut la diriger. Le faux démarrage de l'attaque a permis de localiser les mortiers viets dans Duc-Tai.

Par les généraux Good et Mary et les colonels Chiaramonti, Moreau et Antoine.


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