On les aura

         A 19 heures, le commandant de Lavergne et le 3e bataillon viennent renforcer le 2e bataillon pour essayer d'atteindre Monthiers par les pentes de la côte de Givry. Le mouvement ne peut se faire, les éléments à notre droite n'ayant pas assez progressé.

        A 22 heures, le 3e bataillon envoie une reconnaissance qui atteint le cimetière de Monthiers, et se replie après avoir constaté dans le village la circulation de nombreux ennemis.

        Le 21 juillet, à 4h45, l'attaque de Monthiers reprend ; l'ennemi n'oppose aucune résistance, les objectifs sont facilement dépassés et les bataillons (1er/170 au nord de Clignon, 3e/170 au sud du ruisseau) passent Monthiers et la route d'Epaux-Bézu. Aux abords de Monthiers nous pouvons nous rendre compte de l'acharnement de la lutte des journées précédentes. Des cadavres allemands sur la route et dans les taillis, un important matériel, plusieurs mitraillettes, une batterie de trois crapouillots avec leur outillage et leur stock de munitions, ont été abandonnés dans la hâte du départ. Le pays est en ruines, le sol bouleversé par le tir de notre artillerie lourde. L'ennemi en pleine retraite, a quitté précipitamment le pays après avoir allumé plusieurs foyers d'incendie.

        A 6h25, l'ordre est donné d'aller de l'avant. Le 170e est régiment d'avant-garde en dispositif de marche d'approche. Le lieutenant-colonel Charlet dispose d'un demi-peloton de l'escadron divisionnaire. Le 3e bataillon est en tête, suivi du colonel, et progresse rapidement. A la sortie de Monthiers, nous rencontrons quelques Allemands blessés, abandonnés à leur poste de secours. Dans la plaine, près des emplacements de batteries, d'importants dépôts de munitions n'ont pu être détruits. A Buire, nous sommes arrêtés quelques instants par un violent tir de petits calibres qui balaie la route. Là encore, tout décèle le repli précipité et désordonné de l'ennemi. Partout des mitraillettes abandonnées ; un dépôt de fusils, mitraillettes, trousses d'outillage et un matériel considérable ont été laissés sur place.

        A 9 heures, nous atteignons Epaux-Bézu, où nous trouvons encore es blessés ennemis qui n'ont pu être évacués, des dépôts d(effets et de matériel.

        A 9h10, la poursuite continue ; nous n'essuyons que quelques coups de mitraillettes venant de la lisière est du bois de Lanone, et le 3e bataillon arrive à 11h30 au bois de la Croix-Ban, le 1er bataillon au nord du Clignon, bois ouest de Bézu-les-Fèves, le 2e bataillon au nord du Clignon, bois nord de la ferme de la Prairie. L'ennemi n'est plus loin ; les éclaireurs montés n'ont pu pénétrer dans Bézu-Saint-Germain et l'artillerie bat les deux côtés de la route Château-Thierry-Soissons, interdisant l'approche du village dissimulé en partie par le remblai du chemin de fer.

        A 12h15, l'ordre est donné d'attaquer le village. Le 3e bataillon débouche du bois de la Croix-Ban, et malgré un tir très dense de mitrailleuses venant du bois du Châtelet, de la Maison du Bois, du château de Moucheton, atteint rapidement le talus du chemin de fer où il se terre. Le 1er bataillon atteint aussi plus au sud le talus de la voie ferrée, mais ne peut le franchir, gêné par de violentes rafales de mitrailleuses partant de la Gouttière. Le 2e bataillon pousse sur la gauche jusqu'à la route de Château-Thierry pour parer à une contre-attaque possible sur le flanc du 3e bataillon.

        A 16 heures, le franchissement du talus étant impossible sous le feu nourri des mitrailleuses, la 11e compagnie, homme par homme, passe sous le feu violent de mitrailleuses ennemies, sous la voie ferrée par un tunnel qui sert à l'écoulement des eaux et réussit à s'infiltrer et à s'établir dans Bézu-Saint-Germain, où elle trouve une vingtaine de civils.

        A 17 heures, la 10e compagnie suit et pousse jusqu'à Autrecourt. En fin de journée, le 3e bataillon du 170e est en flèche, relié à gauche par le 2e/170 au 133e R.I.; à droite, par le 1er/170 à la 52e D.I. U.S. est violemment battu dans Bézu et Autrecourt par les feux d'artillerie et de mitrailleuses, ainsi que le 2e bataillon près de la route de Château-Thierry – Soissons et du bois du Roi.

        Le 22 juillet, à 13 heures, le 1er bataillon envoie la 1ère compagnie reconnaître et occuper si possible le bois au sud de la Gouttière. Parvenu à la route Bézu-Epieds, un peloton est cloué sur place par le tir de mitrailleuses situées à la ferme de La Gouttière, et tombe sur un tir de barrage déclenché contre une attaque américaine qui cherche à progresser à sa droite. Le 3e bataillon, qui a porté en même temps deux sections vers Le Bochet et L'Hermitage, est arrêté également par des mitrailleuses. Le 2e/170 avance ses éléments de la route de Château-Thierry, suivant la progression du 409e dans les bois de la Canarderie.

        A 16 heures, les éléments du 1er/170, pour permettre un tir d'artillerie française, se replient légèrement. A 18 heures ceux du 3e/170 n'ayant pu joindre le 409e vers L'Hermitage se replient sur Autrecourt. La situation en fin de journée est identique à celle de la veille. A 22 heures le 170e est relevé par le 174e et se rassemble dans le bois de la Croix-Ban.

        Le 23, en fin de journée, le régiment va camper près des fermes de la Prairie et de la Loge. Le 24, l'ennemi a commencé un nouveau repli et cédé à notre poussée. Le régiment suit le 174e R.I., prêt à reprendre l'attaque, s'il y a lieu. A 16 heures, les bataillons s'installent dans le bois à l'est du château de Moucheton (1er bataillon) et dans les bois au nord-est d'Epieds (2e et 3e bataillons).

        Le 25, le régiment organise la défense de la zone principale de résistance ; le 1er bataillon occupe les lisières est du bois au nord de la ferme d'Artois ; le 2e bataillon les lisières est des bois entre Le Plessier-ferme et Courpoil, avec mission d'organiser une ligne de résistance passant par la ferme d'Artois et une parallèle de doublement.

        Le 26 juillet, le régiment est relevé par les Américains (166e R.I. U.S.).