On les aura

                Le capitaine Charbonnier dispose, en outre de sa compagnie, d'un détachement du génie (compagnie 13e/62) composé de 1 officier (lieutenant Noirmier), 2 sous-officiers et 20 sapeurs. L'opération est préparée par un tir violent de quelques minutes et protégée pat un encagement d'artillerie et de mitrailleuses.
                Après avoir difficilement pratiqué une brèche dans le premier réseau qui défendait l'accès du bois, une section commandée par l'aspirant Pallu de Lessert franchit un deuxième réseau insoupçonné par une chicane et s'engage à l'intérieur du bois. D'anciens abris, boyaux et tranchées sont explorés et nettoyés à la grenade. La section parvient à un abri-caverne important où une partie de la garnison ennemie qui tient le bois s'est réfugiée et l'accueille à coups de fusil.
              A ce moment, l'aspirant Pallu de Lessert, prévenu par le signal convenu que la section de gauche, arrêtée par un épais réseau se repliait, donne l'ordre aux sapeurs du génie de faire sauter l'abri. Une charge de cheddite est posée et amorcée à l'entrée de l'abri, qui saute avec le groupe ennemi qui y avait cherché refuge, pendant que la section Pallu de Lessert et les sapeurs se replient. Les sections d'assaut se reforment dans le bois D15 et rentrent dans nos lignes.
               Quelques blessés, dont le lieutenant Bouissières et le sous-lieutenant Noirmont. L'opération qui a fait subir des pertes à l'ennemi, nous a procuré des renseignements précieux sur l'organisation  et l'occupation du bois D 41.
            Le 14 septembre, le 1er bataillon et la 7e compagnie sont relevés par des compagnies du 21e B.C.P. Le premier bataillon va cantonner à Suippes et la 7e compagnie au camp ouest de Suippes. Les éléments de la C.H.R. stationnés dans le C.R. Sapins vont cantonner au camp de Nantivet.
          Le 15 septembre, le lieutenant-colonel Charlet passe le commandement du sous-secteur Cameroun au commandant du 21e B.C.P. La 5e et la 6e compagnie sont relevées et vont cantonner au camp ouest de Suippes ; les éléments de la C.H.R., stationnés aux camps 3/5 et 4/5, vont au camp de Nantivet. L'E.M. va à Suippes.
              Du 16 au 22 septembre, un court répit est accordé au régiment qui se prépare à participer aux glorieuses journées de l'offensive de Champagne où il se fit remarquer une fois de plus par sa bravoure et sa ténacité dans des circonstances souvent difficiles. Sous l'énergique impulsion du lieutenant-colonel Charlet, qui succomba glorieusement en reconnaissant lui-même la position de ses éléments avancés, le régiment enfonça et franchit malgré la résistance acharnée de l'ennemi des positions réputées imprenables depuis plus de trois ans, puis dans les premiers jours d'octobre, sous le commandement du chef d'escadron de La Ferronnays, et après plusieurs assauts meurtriers, il réussit à prendre pied sur les hauteurs d'Orfeuil, contribuant largement pour sa part à forcer à la retraite définitive un ennemi décidé à résister par tous les moyens.
L'attaque du 26 septembre.
                Le 23 et le 24 septembre, le 170e R.I. vient occuper ses positions de départ, les trois bataillons échelonnés en profondeur, sur la partie est du secteur Cameroun qu'il a déjà tenu. Il est en liaison à droite avec la 43e D.I. et le 149e R.I. ; à gauche avec le 174e R.I.  Le 25, les bataillons prennent le dispositif d'attaque serrant sur le bataillon de tête. Les hommes sont en tenue d'assaut, en veste, n'ayant que les musettes et la toile de tente.
                 L'attaque doit se faire au lever du jour après une puissante préparation d'artillerie de plus de six heures. En envoyant l'heure de l'attaque, le général commandant  la IVe armée exprime toute sa confiance :
              "La IVe armée, le 15 juillet, a livré la bataille qui a permis tous les succès qui se sont invariablement répétés depuis pour la France et ses alliés sur tous les fronts. A notre tour maintenant avec tous ceux qui attaquent en même temps que nous. En avant !"
                                                                                     Signé : Gouraud.


              Le 26 septembre, à 5h25, en pleine nuit, le 2e bataillon (commandant Gros) part à l'attaque, enlève la position de surveillance ennemie et atteint à l'heure fixée le premier objectif. Il est 7 heures, et à ce moment s'étend sur le terrain un brouillard épais, rendu plus opaque encore par un nuage fumigène, qui nous fait hésiter un instant, car nous ne voyons pas à 10 mètres.
           Malgré ce contre-temps, le commandant Perrosier oriente les compagnies du 3e bataillon, exécute le dépassement prévu et reprend la marche en avant. Le nettoyage de la clairière des Almées, des tranchées Bédard, Laffargue et Mulot, et de leurs nids de mitrailleuses nous donne une centaine de prisonniers. Cependant l'attaque paraît brisée en abordant la tranchée de Nausicaa, nous sommes brutalement arrêtés par les nombreuses mitrailleuses des tranchées de Berlin, de Potsdam et de la cote 193 et par une batterie très rapprochée. Mais les capitaines Sicard ( 11e compagnie) et Lafont (10e) entraînent leurs compagnies sut Potsdam, Berlin, nettoient au pas de course la tranchée de Charlottenbourg et progressent dans le Hansa-Lager où nous capturons plus de 80 prisonniers.
            A 13 heures, la tranchée de résistance est complètement nettoyée ; 30 mitrailleuses, 4 canons anti-tanks, 3 pièces de 77, enclouées au passage par la 10e compagnie, forment déjà le butin du régiment.
         A 14 heures, les 10e et 11e compagnies reprennent l'attaque, traversent le terrain bouleversé au nord du Hansa-Lager et atteignent l'est du bois du Couperet en la batterie 12-51. Mais leur gauche n'est plus étayée, et des boqueteaux du Corbeau et du sud-ouest du Couperet des éléments allemands les menacent. Les capitaines Lafont (10e), vers le Corbeau, et Sicard (11e), avec deux sections dans le Couperet, font face au danger, progressent vers l'ouest en manœuvrant l'ennemi, et lui prennent plus de soixante prisonniers, dont un commandant de bataillon et plusieurs officiers. Une trentaine d'Allemands refluent en désordre et vont se rendre au 174e R.I.
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